Robin Plus photography
                           


Robin Plus est un jeune photographe, fraîchement diplômé de l’ENSP. Nourri aux clips musicaux et à la pop culture depuis son jeune âge, il attribue à David Lachapelle ses premiers émois photographiques. « Son univers artistique glorifiant la consommation comme mode d’émancipation et leurs approches hypersexuées du corps humain me séduisaient », affirme-t-il.

La première exposition personnelle de Robin Plus propose de mettre à jour ses premières influences. Le consumérisme criard et les compositions équivoques de ces premières images ont laissé place à une préoccupation plus personnelle qui déjoue toute tentative de sur affirmation du corps pour embrasser une approche plus poétique et sensuelle du réel.

Pourtant, il en est toujours question : des corps de jeunes adultes racisé.e.s, des corps de jeunes personnes LGBTQI+ que l’artiste associe à « des créatures de la nuit, habitu.é.e.s de clubs et des squats ». Ils et elles sont aussi, voire principalement, des ami.e.s et des connaissances de Robin, arpentant, lors des fêtes ou pour la photographie, les espaces urbains et péri-urbains dont l’existence est souvent menacée par la gentrification des grandes villes.

Robin Plus ne cherche pas à établir de manifeste visuel ni à établir ouvertement un corpus d’œuvres politiques. Influencé par Wolfgang Tillmans, avec qui il travaille, il s’imprègne davantage du romantisme des contre-cultures, des sexualités dites « dissonantes », voire tout simplement d’une génération qui affirme sans détour ses désirs (de soi et des autres) et qu’il photographie dehors, en Camargue, à Marseille, Paris, Rotterdam ou Varsovie.

Présenter le travail de Robin Plus dans une ville comme Arles n’est pas anodin car l’affirmation d’une subjectivité non hétéro-normée dans l’espace urbain peut attiser la haine d’autrui. Et si le capitalisme (et notamment le secteur de l’industrie musicale) a permis à ces communautés une plus grande visibilité et une certaine liberté d’expression, l’inscription de ces corps dans l’espace publique révèle parfois la persistance d’une pensée conservatrice.

L’exposition « SOAP » se déploie dans un espace domestique, l’appartement de la commissaire d’exposition. Car il s’agit ici de révéler aussi la part d’intime d’un travail tourné vers l’humain, l’émancipation, et la part de douceur des mises en scènes diurnes et nocturnes que Robin orchestre à l’extérieur, dans des architectures arides ou des coins de nature contrariée. L’exposition propose une trêve, en endroit de repli, de chaleur et de danse où l’espace intime se charge de la force symbolique et politique de l’inscription des corps dans l’espace publique. La chambre à coucher accueille la beat de la gabber, avec « Beat Environment », un diaporama vidéo qui expérimente une vision entre l’architecture de Rotterdam et la musique hardcore, complétant ainsi le panorama des affects représentés dans le salon, y compris ceux exprimés par les dessins satyriques et sexuels de Thien-Ngoc Ngo-Rioufol.

Julia Marchand
Commissaire d’exposition, EXTRAMENTALE

http://extramentale.com/fr/exposition/Robin-Plus

______

Robin Plus is a young photographer and recent ENSP (École Nationale Supérieure de la Photographie) graduate. Raised on music videos and pop culture since he was little, he credits David LaChapelle with first getting him excited about photography. He admits that LaChapelle’s “artistic universe glorifying consumption as a mode of emancipation and his hypersexual approach to the human body appealed to me.”

Robin Plus’s first solo exhibition is an opportunity to reveal his early influences. The garish consumerism and equivocal compositions of the early images have given way to a more personal preoccupation that thwarts any attempt at overly asserting the body, in order to embrace a more poetic, sensual approach to reality.

And yet, the body is always at issue: racialized young adult bodies; bodies of young LGBTQI+ people whom the artist likens to “creatures of the night, regulars at clubs and squats.” For the most part, they are Robin’s friends and acquaintances, who, at parties or for the sake of photography, crisscross urban and suburban spaces often threatened by the encroaching big-city gentrification.

Robin Plus does not seek to set down a visual manifesto or build a body of overtly political work. Influenced by Wolfgang Tillmans, with whom he works, he surrounds himself rather with counterculture romanticism, so-called “dissonant” sexualities, or even simply the generation that unabashedly expresses its desires (its own as well as others’) and whom he photographs outdoors, in the Camargue, in Marseille, Paris, Rotterdam, or Warsaw.

Presenting Robin Plus’s work in a city like Arles is not without consequence, because the affirmation of a non-heteronormative subjectivity in an urban space is liable to stir up feelings of hatred. And while capitalism (especially the music industry) has allowed these communities greater visibility and a certain freedom of expression, the inclusion of their bodies in a public space sometimes exposes the persistence of conservative thinking.

The exhibition “SOAP” takes place in a domestic space – the curator’s apartment. The intention is to reveal the intimate side of a body of work focused on humanity, emancipation, as well as the gentle side of daytime and nocturnal outdoor mises-en-scène Robin stages in barren architectures or cramped natural environments. The exhibition is envisioned as a respite, a place of retreat, of warmth and dance, where private space becomes charged with the symbolic and political force of bodies being inscribed in public space. The bedroom, turned into a “Beat Environment” resonates with gabber beat. It is also the projection room for an experimental slide-show video that combines Rotterdam architecture with hardcore music, thus completing the panorama of affects represented in the living room, including those expressed by Thien-Ngoc Ngo-Rioufol’s satyric, sexual drawings.

Julia Marchand
Art curator, EXTRAMENTALE

http://extramentale.com/fr/exposition/Robin-Plus